Sortie littéraire

Haiti une terre vodou - Jean-Luc BURGER

HAITI, UNE TERRE VODOU

 

Découvrir Haiti, la terre du vodou, est un voyage dans un monde où l'hospitalité retrouve son caractère fait de gaité et spontaneité. C'est le pays de la terre, des hommes et des dieux.

L’île d’Hispaniola (Haiti) a été découverte par Christophe Colomb en 1492. Elle est alors habitée par les populations autochtones : les indiens Tainos (Arawaks) et les Caraïbes. Ils seront rapidement décimées par les travaux forcés (extraction d’or) auxquels les Espagnols les soumettent. Pour remplacer cette main d’œuvre, les colons font appel à des esclaves africains. Avec les Mulâtres (métis), ils sont les ancêtres de l’immense majorité des Haïtiens.

Les Indiens savaient travailler l'or, tisser le coton, mouler avec de la terre glaise des pipes et des ustensiles de cuisine. Ils s'habillaient d'une jupe très courte ou pagne. Ils ornaient leurs chevelures de plumes de perroquets, et souvent ils se barbouillaient le corps avec de la teinture de roucou[1]

Au milieu du XVIe siècle, le filon aurifère s’épuisant, les Espagnols concentrent leurs efforts sur la partie ouest de l’île. Malgré leurs efforts pour les repousser, ce sont alors les Français qui s’installent sur les terres abandonnées par les Espagnols. Ces nouveaux colons ont eux aussi recours aux esclaves africains, cette fois pour travailler dans les plantations de sucre et de café.

En 1697, les Espagnols reconnaissent la souveraineté des Français sur la partie occidentale de l’île.

  

          

                                                         Les dieux se penchent sur le destin d'Haiti - Cameau Rameau

 

C’est à Haiti où l’expression africaine transplantée aux Amériques s’est manifestée avec le plus grand foisonnement, que nous parvient cette expression qui témoigne de cinq cents ans d’épreuves. Au cours de cette période, de nouveaux peuples ont forgé leur identité, faisant preuve ainsi d’une immense sagesse mise au service de la convivialité des cultures.

 

La colonie française, la plus prospère

Haiti à cause de ses richesses naturelles de sa fertilité de la douceur de son climat de l’incomparable beauté de ses paysages a mérité d’être appelée la « Perle des Antilles ».

L’industrie sucrière dans le Nouveau Monde, initiée par les Espagnols à Santo-Domingo, resta marginale jusqu’en 1680. A partir de cette date, sous l’impulsion des Français, le système des plantations commença à se développer. Cette croissance se mesura à l’augmentation rapide de la production de sucre et d’autres produits tropicaux : café, cacao et coton, mais aussi au nombre sans cesse accru d’esclaves importés d’Afrique. L’île devient riche et à la fin du XVIIIème siècle, elle est la colonie la plus riche du monde. Elle produit à elle seule 85% de la production mondiale de sucre. Cette richesse repose sur le travail des esclaves importés d’Afrique dans le cadre du commerce triangulaire. C’est à Haiti où l’expression africaine transplantée aux Amériques s’est manifestée avec le plus grand foisonnement, que nous parvient cette expression qui témoigne de cinq siècles d’épreuves. Au cours de cette période, de nouveaux peuples ont forgé leur identité, faisant preuve ainsi d’une immense sagesse mise au service de la convivialité des cultures..

En 1790, le commerce extérieur de la France dépasse celui des Etats-Unis. Les négociants et les armateurs des ports français (Nantes, Bordeaux, Le Havre et La Rochelle) sont seuls autorisés à commercer avec les colonies.

Le fort développement de l’économie et la croissance démographique, ont conduit les habitants à déboier massivement les mornes pour augmenter les surfaces cultivables. Actuellement, le couvert forestier d’Haïti n’est que de deux pour cent, soit l’un des taux les plus faibles au monde.

 

Les esclaves emmenent leurs dieux

Jadis, en Haiti, les eaux calmes et la température clémente ont accueilli les esclaves et leurs divinités. Il existait un extraordinaire foisonnement des eaux où vivaient les poissons les plus divers et une des populations les plus pacifiques du monde .

Venus d’Afrique à bord des négriers sur l’Ile d’Haiti encore imprégnée de souvenirs des Tainos, coupé de ses sources pendant plus d’un siècle, obligé, pour survivre, de se camoufler ou de se jeter dan la clandestinité, le vodou s’est rapidement, et sans renier ses racines, donné un nouveau visage.

Le vodou arriva en Haiti avec les Noirs d’Afrique au XVe et XVIe siècles. Mais c’est surtout sous la colonisation française que s’est posée la question du vodou. Le vodou haitien ne s’est pas formé du jour au lendemain, il a fallu trois longs siècles pour voir la fusion du naturalisme des arborigènes et des mythes, croyances et totems africains.

 

La lutte anti-vodou

Dans le siècle qui suit la création de la République d’Haiti (1804) , Haiti va connaître de nombreux soubresauts et conflits. La construction de l’Etat se heurte à des intérêts contraires. Peu de productions sur le vodou haitien ont marqué le XIXe siècle. Pour la plupart, les auteurs ont préféré relayer des rumeurs. Elles portent souvent l’empreinte d’une série de préjugés qui participent du dénigrement de l’image d’Haiti sur la scène internationale.

   Qu’il s’agisse de l’Etat Haitien et de l’Eglise les tentatives de contrôler le vodou sont restées vaines. Un gouvernement ne peut s’engager           dans une lutte ouverte contre le vodou sans mettre en cause sa popularité. De son côté, l’Eglise n’a pas pu supplanter le vodou, qui n’est pas     un syncrétisme mais plutôt une survivance. Le vodou a utilisé les images catholiques pour les faire siennes, mais en conservant son propre         système spirituel. Dans les églises, la plupart des statues de saints représentent des esprits honorés dans les temples vodou. Par exemple,         Saint Jacques représente Ogou-Feray qui est l’un des génies les plus importants du panthéon vodou.

 

                                            

                                                                                       William Adjété Wilson - Ogoun Ferraille 

 

 

L’humanisme du vodou

L’humanisme est aujourd’hui entré dans le langage courant comme une certaine forme d’altruisme et de bienveillance. L’humaniste affirme sa foi en l’être humain qu’il place au centre de tout.

La cosmogonie vodoun place les humains au centre du monde même s’ils ne sont pas ses créateurs. Le but ultime de cette religion est de leur offrir les moyens de mener une existence terrestre décente. En implorant les dieux, elle s’évertue à faire pleuvoir sur les hommes de riches pluies de bénédictions pour leur garantir une santé robuste, la prospérité dans les affaires, la protection contre les catastrophes naturelles ou l’invulnérabilité face aux forces du mal…’’ Il plaide notamment pour aider à la construction d’une société de paix.

Le vodou est attaché à la paix . Il considère que la paix peut apparaître comme l’espace où l’amour et la sagesse peuvent croître et où il est possible de retourner à la paix autant qu’à l’harmonie. Pour les adeptes du vodou, l’amour universel est probablement la seule vérité. L’amour est vie, donne la vie, la préserve et la sublime. 

La page blanche qui précède l’écriture rayonne comme un idéal. Il appartient à l’homme de se poser les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses. Elles pourraient être consignées dans un « livre d’or » et servir de base d’une réelle transmission aux futures générations. En Afrique où la transmission des anciens a toujours ses lettres de noblesse, des enfants ont mentionné l’importance de l’équilibre de la nature et ont déploré la destruction absurde des arbres.

 

[1] Jean Rosier Descartes. Dynamique vodou et droits de l’homme. Université Paris I – Année universitaire 1998-1999, p 58

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